L'En Dehors


Quotidien anarchiste individualiste





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Vivre pour vivre.
« Vivre pour vivre », pour remplir sa fonction de bipède à stature droite, doué de pensée et de sentiment, capable d'analyser des émotions et de cataloguer des sensations. « Vivre pour vivre », sans plus. Vivre pour se transporter d'un lieu à un autre, pour apprécier les expériences intellectuelles, morales, physiques, dont la route de chacun est jalonnée; pour en jouir; pour les susciter quand l'existence se montre par trop monotone; pour y mettre fin ou les renouveler, le cas échéant. Vivre pour vivre, pour satisfaire les besoins du cerveau ou l'appel des sens. Vivre pour acquérir le savoir, pour lutter et se bâtir une individualité tranchée, pour aimer, pour étreindre; pour cuillir les fleurs des champs et manger les fruits des arbres. Vivre pour produire et pour consommer, pour semer et pour récolter, pour chanter à l'unissons des oiseaux, s'étendre au soleil tout de son long sur la grève.

Vivre pour vivre, pour jouir âprement, profondément, de tout ce qu'offre la vie, sans laisser une seule goutte au fond de la coupe des délices et des surprises que tend la vie à quiconque prend conscience qu'il est – est-ce que cela ne vaut pas le fatras des métaphysiques religieuses ou laïques?

« Vivre pour vivre », voilà ce que veulent les individualistes anarchistes. Mais vivre – entendons-nous – ils le veulent en liberté, sans qu'une morale extérieure à eux, ou imposée par la tradition ou la majorité, établisse un partage entre ce qui est permis ou interdit de faire.

Vivre pour vivre – non pas en calculant sans cesse pour se demander si c'est d'accord ou non avec un critérium général de la vertu ou du vice – mais en s'appliquant à ne rien faire ou accomplir qui serait de nature à diminuer à ses propres yeux celui qui agit ou effectue, ou qui porterait atteinte à sa dignité individuelles.

Vivre pour vivre, non point en écrasant autrui, en piétinant les aspirations ou les sentiments de quiconque, non pas en dominant ou en exploitant, mais en êtres libres qui résistent de toutes leurs forces à la tyrannie d'Un seul comme à l'absorption des Multitudes.

Vivre non pour la Propagande ou pour la Cause ou pour la Cité à venir, car toutes ces choses sont incluses dans la vie – mais pour vivre - en liberté – chacun sa vie – en se gardant d'empiéter sur la vie de leurs camarades d'idées, en ne demandant à qui ne partage pas leur point de vue que de leur laisser le chemin libre, mais en se rebellant, si besoin est, contre qui et quoi les empêche de suivre leur route; ni chefs ni suiveurs, ni maîtres ni serfs, voilà ce que veulent les individualistes. Voilà dans quelles conditions ils veulent « vivre pour vivre ».


E. Armand « Initiation à l'individualisme anarchiste» 1923

Ecrit par libertad, à 23:09 dans la rubrique "Pour comprendre".



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